Réaliser un cadre photo numérique connecté – Matériel

Cet article s’écarte un peu de ce qu’il y a l’habitude d’y avoir dessus comme contenu, mais j’avais envie de parler d’un petit projet qui m’a occupé l’esprit pendant plusieurs mois : la réalisation d’un cadre photo numérique connecté ! (Et puis de toute manière c’est mon notre blog, alors je fais que ce que je veux d’abord).


La genèse du projet

L’idée du projet a germée dans ma tête en septembre en commençant à réfléchir aux cadeaux de Noël. Je voulais trouver un cadeau sympa pour Elia, quelque chose qui se démarque un peu de d’habitude, pratique, et qui fasse son petit effet. Mais en fait, l’idée n’est pas venue d’elle même, elle est plutôt venu d’un constat que je me suis fait par hasard.

Si vous avez déjà un peu regardé le blog, vous devinerez facilement qu’on prend pas mal de photos, que ce soit elle ou moi. Malheureusement, pour ces photos, c’est toujours à peu près le même sort qui leur arrive, c’est à dire :

  1. Prendre les photos ;
  2. Les exporter en RAW à la maison ;
  3. Leur créer un petit dossier douillet en sécurité sur le NAS.

Ensuite, si elles ont de la chance, elles auront même le droit à une suite :

  1. Les récupérer sur l’ordinateur ;
  2. Les traiter sous Lightroom pour les améliorer ;
  3. En poster quelques unes sélectionnées (ou les 10 000 du dossier) sur les réseaux sociaux pour se la péter un peu ;
  4. Recopier les photos traitées sur le NAS.

Et ensuite vient la dernière étape commune : ne plus jamais y toucher. Et franchement, ça, c’est dommage.
Alors effectivement, y’a quelques photos qu’on imprime mais c’est l’exception qui confirme la règle. Les autres photos ne sont quasiment plus ressorties ou visualisées, et pourtant, y’a quelques pépites et bons souvenirs dedans. C’est suite à ce constat que je me suis demandé s’il y aurait pas moyen d’en faire quelque chose de ces photos, à part occuper de l’espace sur un disque dur.

Et là, je me suis souvenu des cadres numériques qui avaient fait fureurs il y a plusieurs années. C’était les best sellers de Noël pendant plusieurs années, tout le monde en offrait, j’en entendais souvent parler. Par contre, ces dernières années, j’en entendais plus du tout parler donc je me demandais ce que ça devenait ce marché. Et bah en fait c’est simple : après plusieurs recherches sur la Fnac, Amazon ou autre, c’est juste que ça se vend plus ! 😀
Bon, ne soyons pas méchant, il devait bien en rester un dans un coin de la Fnac avec des caractéristiques digne des années 2000… avec un prix des années 2010, voir 2020.

Par contre, il y avait un modèle sur Amazon US qui m’avait un peu tapé dans l’oeil, car il pouvait afficher des photos en provenance de Google Photos, et le côté connecté ça me plaisait plutôt bien. Par contre, c’était a plus de 200 €, ça allait uniquement chopper sur Google Photos, donc le jour où le service n’est plus maintenu, j’ai une belle brique avec un joli cadre qui ne sert plus à rien.

Oui, c’est Mickey, mais j’ai dis que je faisais que ce que je voulais d’abord.

J’ai laissé la reflexion se faire pendant plusieurs jours comme je fais souvent, puis j’ai l’ampoule qui s’est allumée : et si je le faisais moi-même ce cadre photo ? Après tout, pourquoi pas. J’avais déjà quelques idées en tête sur la manière de faire, et ça m’évite de m’enfermer dans un seul fonctionnement.
Après quelques recherches internet, il s’est avéré que mon idée avait déjà été réalisée par d’autres avec sensiblement le même matériel que j’imaginais, c’est à dire en utilisant un Raspberry Pi.

Du coup, après avoir passé plusieurs mois sur la réalisation de ce cadre, je me suis dis que ça serait sympa de montrer comment le faire et que ça pourrait donner des idées à certains.
Si vous n’êtes pas trop dans la technique, pas sûr que la suite de l’article vous intéresse, mais promis, la prochaine partie aura pleins de photos pour vous faire une idée du montage 🙂


Le cahier des charges du projet

A la base du projet, j’avais plusieurs exigences :

  • Que ça serve vraiment. Ca sert à rien de faire ce projet si ça ne sert pas, donc autant bien le faire ;
  • Le prix doit rester restreint, mais pas au point d’affecter le projet, voir point n°1 ;
  • Que ce soit pratique. Je veux quelque chose d’user friendly, pas quelque chose avec 10 000 câbles en apparent qui font qu’on ne regarde plus que ça.
  • Facile à utiliser. Je suis pas tout seul à la maison, je veux que ça fonctionne en appuyant sur un bouton et c’est tout (bon allez, on va dire 2 boutons grand max).

On verra qu’au final j’ai dû faire quelques compromis, mais globalement ça colle plutôt bien 🙂


J’ai besoin de quoi pour ce projet ?

A l’origine, j’imaginais un cadre qui soit plutôt petit car il existe un écran directement compatible et intégrable avec un Raspberry Pi. Mais après plusieurs recherches, j’ai constaté qu’il était possible de faire plus grand avec un écran de PC portable. C’est donc sur cette solution que je suis parti.

Voila la liste nécessaire pour réaliser ce cadre :

  • un Raspberry Pi Model 3 ;
  • un écran de PC portable ;
  • un controller board pour l’écran ;
  • un câble HDMI ;
  • une carte micro SD ;
  • un cable d’alimentation pour le Raspberry Pi ;
  • un cable d’alimentation pour l’écran ;
  • un cadre.

Et c’est tout. Pas besoin de beaucoup plus pour cette première version en tout cas 🙂 Maintenant, je vais expliquer un petit peu pourquoi et comment ça fonctionne tout ça.

Le Raspberry Pi, c’est un mini ordinateur basé sur Linux, et c’est lui qui va gérer tout le système. Son avantage, c’est que c’est tout petit, et ça ne coute pas très cher. Si on est patient, on peut même en avoir un encore moins cher qui vient directement de Chine :p

Le Raspberry Pi, c’est bien, mais sans carte Micro SD, il ne peut pas fonctionner. En effet, c’est la carte qui va contenir le système d’exploitation, et potentiellement les photos selon la méthode retenue. Du coup, la taille de la carte doit être prise en fonction de ce que l’on souhaite faire. Si les photos sont sur un stockage distant ou un clé USB, un carte de 4 ou 8Go suffira amplement. Par contre, si les photos sont directement sur la carte, alors on peut prendre un 32, 64, voir 128Go selon la qualité et la quantité de photos qu’on souhaite y mettre.

Comme tout objet électronique, il va nous falloir une alimentation électrique pour le Raspberry Pi ! Pour le coup, vous pouvez bien prendre ce que vous voulez, il faut simplement qu’elle soit micro usb, et qu’elle délivre 5 V et 2,5 A. Si vous prenez une alimentation de mauvaise qualité qui envoi moins de 2,5 A, le Raspberry pourra se montrer instable, et voir sa durée de vie réduite. Puis bon, on ne rigole pas avec l’électricité, on a pas envie d’allumer le feu dans tout l’appart (mais on t’aime quand même Johnny).

L’écran LCD. C’est surement ce qui va être le plus compliqué comme choix. C’est cette décision qui va conditionner l’aspect et la taille de votre cadre :

  • Est-ce que je prend un écran de 8 pouces ? 13 ? 17 ? 40 ?
  • Est-ce que je veux un écran mat ou brillant ?
  • Je prend un écran LCD ou bien un écran LED ?
  • Quelle résolution minimale j’accepte pour avoir un rendu acceptable des photos ?

Là malheureusement, je peux pas trop vous aider, ça sera vraiment selon les goûts et les envies de chacun. Mais c’est plutôt cool, ça permet de voir des choses différentes aussi 🙂

Et surtout, il reste une dernière question : comment est-ce que je me procure cet écran ? Pour cela, il y a plusieurs solutions :

  • Acheter un pc neuf et garder que l’écran. Non, ne faites pas ça s’il vous plait, ça ne sert à rien, sauf si vous voulez faire un cadre à 1000 € ;
  • Acheter un écran de portable neuf. C’est un peu la solution du riche, mais au moins, vous aurez exactement la taille, rendu, et qualité que vous souhaitez. Vous pourrez en trouver sur LaptopScreen si vous le voulez ;
  • Acheter un écran de portable d’occasion. Ca revient moins cher, mais faut avoir la chance de tomber dessus sur le Bon Coin, ou sur eBay (et forcément, il durera peut-être moins longtemps qu’un neuf) ;
  • Acheter un pc portable en panne pour pièces.

Et c’est cette dernière solution que j’ai retenue (sauf que je l’ai eu gratos, BOOM BABY). En effet, on y pense pas souvent, mais quand les gens jettent un ordinateur portable qui « ne fonctionne plus », l’écran lui fonctionne encore la plupart du temps. Du coup, ça permet de récupérer un écran pour pas cher puisque les gens vendent ça généralement vers 20 € en se disant que ça vaut rien.

Par contre attention : on ne peut pas non plus choisir n’importe quel écran (bah oui, ça serait trop simple sinon). Et on va comprendre pourquoi en parlant du controller board.

Un écran de pc portable à l’origine est prévu pour être tout intégré dans un seul bloc. C’est pour cela que selon le type d’écran (LCD ou LED), on aura uniquement un ou deux branchements qui ne sont pas standards, c’est à dire on ne peut pas brancher une alimentation dessus et hop magie, ça fonctionne.

Pour alimenter et « contrôler » un écran, il nous faut ce qu’on appelle un controller board. Et c’est là que ça se complique. Ca se trouve très facilement en Chine sur eBay, et ça coûte pas très cher, mais il n’existe pas des controllers board pour toutes les références d’écrans. Vous devrez trouver l’écran et le controller qui fonctionne bien ensemble.

Et c’est là que ça se complique. Pour une même référence de PC portable, ce n’est pas forcément la même référence d’écran qui est dedans pour autant. Donc a part avoir l’écran en main pour vérifier, vous ne pourrez pas y faire grand chose. C’est pour cela qu’acheter un écran déjà démonté peut se révéler plus facile pour trouver son âme soeur <3.

Sur la photo qu’on voit au dessus, le controller possède donc plusieurs modules comme la carte d’alimentation pour l’écran, un module de contrôle pour allumer/éteindre l’écran, et plusieurs ports comme l’alimentation ou encore le port HDMI. Ce qui nous amène au point suivant.

Bon, je vais pas vous faire l’affront de vous expliquer ce qu’est un câble HDMI. C’est ce câble qui va faire qu’on affiche ce qui se passe sur le Raspberry sur l’écran (en passant par le controller board). A vous de voir ce que vous voulez, mais dites vous que si vous voulez une solution tout intégrée, il vaut mieux prendre un cable très court qui se cachera bien derrière le cadre.

Et on termine par l’alimentation pour le controller board. Malheureusement, il faut l’alimenter aussi, donc ça fait 2 câbles électriques. Mais je suis en train de réfléchir à enlever un cable avec un convertisseur électrique pour une futur version 😉
Là encore, je peux pas trop vous conseiller sur le choix à faire. Mon controller board demande du 12V 3A, donc j’ai pris du 12V 3A. A vous de voir ensuite ce que vous souhaitez pour la miniaturisation et l’intégration derrière le cadre.

Ajoutons un peu de touche artistique dans toute cette débauche d’électronique ! Là pour le coup, c’est vraiment de l’esthétique, c’est ce que vous verrez en permanence autour de votre écran. Donc c’est selon les goûts et les couleurs, je ne vous ferai pas l’affront de vous dire que tel ou tel cadre est plus beaucoup mieux qu’un autre.

Par contre, si vous peux vous conseiller quelque chose, c’est de prendre un cadre en aluminium de la marque Nielsen. J’ai découvert cette marque pendant mes recherches, et ils font des cadres qui sont beaux, très résistants, taillés sur mesure au centimètre près, et qui surtout contiennent des rails pour bloquer l’écran avec une bonne marge à l’arrière du cadre pour maintenir le tout en place. Maintenant vous faites ce que vous voulez, mais faut que ça tienne en un seul bloc 😀

Voila, on a fait le tour de ce qu’il fallait pour ce projet. En soi, c’est pas grand chose, ça prend juste énormément de temps sur la décision de l’écran et du controller board. Mais une fois qu’on a le tout, on peut passer à l’étape du montage qui fera l’objet d’un prochain article !

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